Projet PERRENS

HOPITAL PSYCHIATRIQUE

Trois jours durant, l’hôpital s’est ouvert, permettant aux patients de travailler en ateliers avec la créatrice des étoles Petrusse.
Par Isabelle CASTÉRA – SUD-OUEST

Il s’est passé quelque chose de rare. Une rencontre.  Petrusse Reynen, artiste et créatrice d’étoles a sûrement été bousculée, lorsque Gabriel Okoundji, délégué à la culture de l’hôpital psychiatrique Charles-Per­rens, l’a sollicitée au printemps der­nier, afin de mener un atelier en forme de performance artistique, avec une vingtaine de patients. la longue dame blonde n’a pas long­temps hésité. Les malades volontaires ne savaient pas ce qu’ils allaient y chercher: Une fenêtre sans doute.
« C’était une expérience, se sou­vient-elle. Une fois que j’ai accepté, il a fallu élaborer, construire quelque chose. Je n’imaginais pas à quel point j’en sortirais enrichie.» Durant les ate­liers, Petrusse apporte les couleurs et les préludes de Bach en fond sonore. Une proposition : écouter la musi­que, et laisser faire la main « Certains étaient bloqués, alors je guidais leur main, jusqu’à ce qu’ils prennent con­fiance. Confiance a été notre contrat et la joie aussi. Il ne s’agissait pas de parler, de soigner, d’exutoire théra­peutique, mais juste du plaisir, de la peinture vagabonde. » Et de la poé­sie brute. Immédiate.
Petrusse a conservé toutes les fresques issues des ateliers. « Je donnais un code couleur, pour garder une co­hérence et nous y allions. Le résultat est incroyable, tant il me ressemble, totalement familier. » Elle dit qu’ils sont ses amis, aujourd’hui. À l’issue des ateliers, au regard de la qualité picturale des travaux des artistes de Charles-Perrens, Petrusse a décidé de réaliser une étole « Perrens », une sé­rie limitée qui sera vendue dans les boutiques Petrusse.

« Désacraliser l’hôpital »
« Ces Assises organisées dans le week­end, qui ont permis à des gens de l’extérieur de découvrir le patri­moinean:hitectural de Perrens, mais aussi, d’appréhender l’évolution du soin psychiatrique dans le temps et de découvrir les travaux des ateliers, sont un moyen pournousdedésaaa- liser l’hôpital, de donner auxpéltients de nouveaux. moyens de s’exprimer et comme là, d’êtré valorisés», a si­gnifiéAntoine de Riccardis, directeur de Charles-Perrens. Au-delà des ateliers, Petrusse a invi­té« ses amis » à un grand pique-ni­que à la maison,au château Mauriac à I.angon. Tout le monde a pu visiter, découvrir l’environnement de l’ar­tiste. L’histoire va encore se poursui­vre, puisque les Assises on tété le lieu de la première exposition dans les murs, mais une autre attend tout le collect:it; hors les murs. Petrusse or­ganise une exposition des œuvres originales et des étoles issues de cel­les-ci, du mardi 3 au samedi 14 octo­ bre dans sa boutique, allées de Tourny. Autour de Gabriel Okoudji, l’équipe Culture de l’hôpital psychiatrique a été mobilisée pour ces trois jours d’assises qui ont connu un beau succès. Un documentaire a été réalisé par Erwin Chamard, vidéaste, pour l’occasion. Soit un film docu­mentaire, intitulé « De Château Pi­con à Charles-Perrens » retraçant l’his­ toire de l’institution, de l’origine à au­jourd’hui, à travers la façon de soigner. Ce documentaire a été pro­ jeté vendredi soir et suscité de longs débats.
Profitant des Journées du patri­moine, samedi et dimanche, l’hôpi­tal a été le lieu de déambulations gui­dées par François Baudy historien lo­cal, notamment dans les anciennes cuisines qui seraient destinées à de­venir un centre culturel, ouvert sur le quartier. Mais, chut.

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